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25.10.2007
Transes à l’école : éclairages
Les événements de la semaine dernière au Collège de la Maturité de Douala sont venus ajouter une date et un lieu à une incroyable série noire. Une dizaine d’élèves qui entrent en transe, la panique qui gagne leurs autres camarades, les enseignants et autres responsables de l’établissement qui ne savent pas où donner de la tête, mais qui sont rapidement pointés du doigt. Surtout quand au cours de leur transe, des victimes citent des noms. Le scénario est presque toujours le même. Mais c’est mercredi dernier au quartier Bépanda à Douala, qu’on a peut-être enregistré la plus grosse escalade de violence, depuis que le phénomène est apparu dans certains établissements scolaires du pays.
Et les actes de vandalisme commis sur les installations du Collège de la Maturité ne pouvaient laisser indifférent. Au-delà des casses, c’est bien le phénomène à l’origine de cette réaction hostile qui ne cesse d’intriguer. A l’allure où vont les choses, chaque établissement scolaire du Cameroun aura bientôt son jour de transe. Depuis à peu près cinq ans, c’est arrivé plusieurs fois dans la partie septentrionale et dans le Littoral. Les cas les plus spectaculaires étant ceux des lycées classiques de Ngaoundéré en 2002 et de Mora en 2005. Et bien sûr, le lycée d’Akwa Nord toujours en 2005.
Mais entre 2002 et 2007, personne n’a pu dire avec précision ce qui était à l’origine de ces transes collectives, mettant en scène uniquement des jeunes filles. Certes, pour certains cas, des médecins ont révélé qu’il s’agissait de jeunes asthmatiques ou épileptiques. Mais l’explication n’a pas toujours convaincu. Ces affections n’ont pas été diagnostiquées chez toutes les victimes. En outre, le cas de délires parfois enregistrés ont conforté les défenseurs de la thèse
Une chose est sûre : aucune des enquêtes ouvertes dans le cadre des différentes affaires de transe n’a été rendue publique, pour permettre d’avoir une idée de ce qui se cache derrière. Du coup, chacun y va de son explication. Les cartésiens évoquent les hypothèses des maladies citées plus haut. Ou parlent de contagion d’émotion. Mais ils ne sont pas les seuls. On a vu des exorcistes intervenir. Et tout le monde connaît leur manière de lire ces choses : le diable, toujours aussi infatigable. Mais qui a donc intérêt à envoûter toutes les jeunes filles qui vont à l’école au Cameroun ? Si l’on avait la réponse à cette question, on serait déjà bien avancé. Les choses ont malheureusement l’air un peu plus compliqué que ça.
Il reste quand même que l’on a pas beaucoup vu les leaders religieux et même le ministère des Enseignements secondaires depuis que tout ceci arrive. Aucun prêtre, aucun pasteur, aucun imam ne s’est prononcé de manière à éclairer une opinion publique qui n’a pas cherché longtemps l’explication. L’une des preuves, c’est que Pierre Waffo, le fondateur du Collège de la Maturité était encore à l’hôpital en début de semaine, victime de la vindicte populaire. Il est soupçonné, comme bien d’autres responsables d’établissement avant lui d’être l’envoûteur caché. De même, le Minesec, tutelle de tous les établissements secondaires concernés est presque toujours resté silencieux, laissant les autorités administratives locales gérer les crises lors des moments chauds, avant que les dossiers ne rejoignent les oubliettes. Mais on aura peut-être bientôt plus grave que ce qui s’est passé l’autre jour à Douala… En tout cas, en l’absence d’explications claires, inutile d’envisager la moindre action préventive. A qui le tour ?
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