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  • 26.11.2003
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     Retic 2003 : Le Cameroun sous toutes ses coutures. 


    Dorine Ekwè

    La cie Zoomers présente la diversité linguistique et culturelle.

    Dans la pénombre, là-bas sur scène, un homme, vêtu de la tenue traditionnelle d’apparat de populations du Nord du Cameroun, se concentre devant une calebasse dans un coin sacré. Après quelques incantations, il s’en va, heureux d’avoir procédé au rituel. Quelque temps plus tard, une femme le remplace dans le cercle sacré, procède aux mêmes incantations. Scandale!
    Il est inimaginable, dans ce village, comme dans plusieurs autres, de voir une femme faire irruption dans un lieu sacré, privilège généralement réservé aux hommes. Il s’en suit alors une série de discussions et de discours autour de la place de la femme et du sacré dans la tradition africaine.

    L’histoire de “interstice”, la pièce présentée tire ses origines de la vie quotidienne du metteur en scène de cette compagnie, Zigoto Tchameni, qui, vendredi soir, marquait ainsi son passage sur les planches du Ccf de Yaoundé pour cette 12ème édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic). "Contrairement à ce que les gens peuvent croire, ce n’est pas une simple histoire qu’un citadin en mal de sensations, est allé puisé dans son village. C’est une histoire que j’ai vécu chez un de mes oncles qui profitait à chaque fois du fait que sa femme soit très attachée aux traditions pour lui imposer des interdits. Il lui avait strictement interdit de toucher une calebasse qu’il disait sacrée, alors qu’il n’en était rien. C’est de là que m’est venue l’idée d’écrire, puis de monter cette pièce qui se veut une représentation de cet éternel conflit entre

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    la tradition et la modernité ".

    Pour accompagner cette histoire, les membres de la troupe ( cinq sur la scène) ont fait appel à plusieurs techniques tels le chant, et la danse. Une option qui tranchait ainsi avec celle de la Cie française La ruche, qui avait présenté, quelques heures plus tôt, " The Island ". Un échange entre deux prisonniers, dont l’un doit sortir quelques mois plus tard, alors que, l`autre ne sait encore quel est le sort qui lui est réservé, mais se plaint déjà de ce que son campagnon l’abandonnera une fois sorti de prison. Pour expliquer son choix, le metteur en scène de la cie Zoomers s’explique : " Pour moi, une pièce au cours de laquelle les gens n’arrêtent pas de parler, n’est pas attrayante. Je pense qu’il est nécessaire de mettre de la vie quand on joue une pièce. Tout cela fait le spectacle ".

    Une option qui n’a pas totalement réussi à la troupe, qui s’est attirée toutes sortes de critiques de la part des participants au festival, qui y voyaient davantage " un spectacle pour enfants dans un monde de professionnels". Une critique qui n’est pas sans fondement, quand on fait la comparaison avec" Divine providence " cet autre spectacle que la même Cie a présenté lors du Fatej (Festival africain du théâtre pour l’enfance et la jeunesse ) en 2002 et qui ne diffère que par la thématique abordée. Mais c`est avec plaisir que l`on se rend compte de la volonté du groupe d`amener tout le public camerounais à se reconnaître dans son oeuvre avec le subtil mélange de quelques langues maternelles, des deux langues officielles: le français et l`anglais, ainsi que le pidjin et l`argot.



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